Projet de biographie de Roger Radisson
Journaliste, intellectuel chrétien et résistant (1911-1944)


Roger Radisson est mort à trente-trois ans, le 20 août 1944, quelques jours avant la Libération de Lyon.
Journaliste, éducateur et intellectuel, ce Lyonnais s’engage pendant l’Occupation dans la Résistance intellectuelle. Il participe à la création de l’hebdomadaire Positions, dont il devient secrétaire de rédaction, et contribue à la diffusion clandestine du journal Témoignage chrétien.
Arrêté par la Gestapo en juillet 1944 et interné à la prison de Montluc, il est exécuté peu avant la libération de Lyon avec cent vingt autres prisonniers au fort de Côte-Lorette, à Saint-Genis-Laval.
Aujourd’hui, je souhaite consacrer une biographie à cet homme dont la vie, les écrits et l’engagement méritent d’être mieux connus.
Qui était Roger Radisson ?
Roger Marie Guy Radisson naît à Caluire-et-Cuire le 21 mai 1911 dans une famille lyonnaise chrétienne. Il grandit au sein d’une fratrie de onze enfants et suit sa scolarité à l’Externat Saint-Joseph de Lyon.
Très tôt attiré par la vie religieuse, il entre en 1929 au noviciat de la Compagnie de Jésus à Yzeure (Allier), avant de poursuivre ses études de philosophie à Jersey. Licencié ès lettres et en philosophie, il doit cependant renoncer à devenir jésuite en 1939 pour des raisons de santé. Il conservera toute sa vie une spiritualité profonde et des liens étroits avec la Compagnie de Jésus.
Professeur près de Saint-Étienne lorsque la guerre éclate, il perçoit très tôt le caractère totalitaire du nazisme. Réformé pour raisons de santé, il ne peut servir dans l’armée. Son engagement prendra une autre forme : celle de l’écriture, de la réflexion et bientôt de la Résistance.
De Positions à la Résistance
À Lyon, Roger Radisson fréquente les milieux intellectuels catholiques réunis notamment autour de Stanislas Fumet, Jean Lacroix et Joseph Folliet.
Après l’interdiction de Temps Nouveau en 1941, il participe à la création de l’hebdomadaire Positions. Il en devient le secrétaire de rédaction en 1942 et assure chaque semaine la préparation du journal, imprimé à Saint-Étienne.
Diffusé par abonnement et étroitement surveillé par la censure, Positions s’efforce de maintenir une parole libre, une espérance et une réflexion chrétienne face aux idéologies totalitaires.
Mais Roger Radisson ne se contente pas d’écrire.
Il diffuse la presse clandestine, notamment Témoignage chrétien, aide des personnes persécutées ou traquées et rejoint à Noël 1943 les combattants du maquis du Vercors. Aux côtés d’autres jeunes résistants, parmi lesquels Gilbert Dru, il réfléchit également à ce que pourrait devenir la France après la Libération.
